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[Interview] Dans les coulisses du Festival MONTAGNE EN SCENE

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Mercredi 5 Décembre le festival « Montagne en Scène » a décidé de poser ses valises le temps d’une soirée à Montpellier. J’étais donc très contente d’être invitée pour cette fabuleuse soirée.

Montagne en Scène c’est un festival de outdoors et de montagne où plusieurs films amateurs ou professionnels sont présentés pour cette occasion. Ce festival existe depuis 2013 et propose deux éditions par an : la « Summer Edition » et la « Winter Edition ». Cette année j’ai assisté à la Winter qui est la 12ème édition depuis sa création.

« Ce festival est une invitation à la liberté, au voyage et à l’aventure »

Lors du festival, j’ai eu l’occasion d’interviewer Benjamin qui est un des organisateurs. Avant de nous plonger dans les films d’exceptions de la soirée, rendons nous du coté backstage du festival !

Montagne En Scene

Montagne en Scène – par-Adrien Thibault

INTERVIEW AVEC BENJAMIN – ORGANISATEUR DE MONTAGNE EN SCÈNE

  1. Pour commencer, parlons un peu de la création de Montagne en scène ! Comment ce festival a vu le jour ?

C’est un projet qu’ont conçu Cyril et Manon pour leur projet de fin d’étude qui était à la base baptisé « La nuit de la montagne ». Mais pour eux c’était plus qu’un simple projet scolaire et grâce a leur motivation ce festival a vu le jour en Mars 2013. Au départ cela ne devait être que sur Paris mais ça a pris une telle ampleur que le festival dure 5 semaines !

  1. Combien de films ont été projetés depuis la création du festival ?

Le nombre exact je ne le connais pas mais on projette en moyenne 4 films par festival (rappelons qu’il y en a deux par an).

  1. Combien de temps faut-il pour organiser ce type Evènement ?

Entre 4 à 5 mois.

  1. Quelles sont les étapes indispensables pour l’organisation du festival ?

On a réellement 6 étapes importantes concernant notre organisation :

  • Réalisation du planning avec un plan de la tournée
  • Contacter les salles afin de connaître les disponibilités et avoir leur accord
  • Partie communication avec entre autre l’affiche de la tournée sur les réseaux sociaux et médias
  • Mise en place de la billetterie
  • Choix des films
  • Création de la bande annonce (c’est notre plus gros support)
  1. Dans combien de villes/pays Montagne en Scène est il présent ?

70 villes en Europe dont 20 villes en France. Concernant l’Europe on est principalement en UK, Irlande et pays scandinaves. Cette année on est également allés en Italie. Pour l’année prochaine on aimerait rajouter des dates en Allemagne.

  1. Combien de personne travaillent avec vous ?

Il y a bien sur les créateurs du festival, Cyril et Manon ; plus 3 personnes à l’année et un ou deux stagiaires.

  1. Quels sont les critères pour la sélection des films ?

Il faut savoir qu’on accepte les films amateurs et professionnels. Après c’est plus au feeling qu’avec des critères spécifiques. On recherche avant tout une histoire derrière le film. Une aventure, des émotions quelque chose de réel !

  1. Quel est le but de ce festival ?

De mettre tout simplement la Montagne en avant, de procurer des sensations. Un condensé de vie en quelques heures pour vous donner envie de faire vous-même l’expérience de cette liberté.

Je remercie Benjamin pour le temps qu’il m’a accordé pour cet interview.

MONTAGNE EN SCÈNE – PROJECTION DES FILMS

Pour cette édition ce fut 4 films qui furent diffusés de 19h30 à 23h ; 3h30 de décoiffe à s’en prendre plein la vue ! 4 films exceptionnels qui prennent aux tripes ; c’est simple lors des projections les réactions du public fut « Woaw », « ils sont fous », « Oh Mon Dieu ». Même moi j’avais du mal à retenir mon souffle ! Au de-là des histoires prenantes aux messages importants je me suis avant tout pris une claque visuelle.

Montagne En Scene

Montagne en Scène – Adrien Thilbaut

1er film – Weightless de Jean-Baptiste Chandelier (5 minutes)

On commence avec une mise en bouche de 5 minutes avec le parapentiste sans limite qui se joue des lois de la gravité avec humour. Honnêtement on ne prête plus attention au parapente, on a tout simplement l’impression qu’il vole ! En tout cas ça donne envie de se mettre au parapente, mais tel est le but non ?

2ème film – Evolution of Dreams de Jackie Paaso et Eva Walkner (26 minutes)

Deux grandes sportives aux nombreux rêves : gagner les jeux olympiques, devenir championne de freeride, skier l’Eiger. Mais entre rêves et blessures, la réalité peut être tout autre chose.

Jackie avait quatre ans la première fois qu’elle a mis les pieds sur des skis. Son plus grand rêve était de gagner les JO mais malheureusement cela ne c’est jamais réalisé. Une grosse période sombre dû à une remise en question et des problèmes de santés.

Eva est une grande compétitrice qui a gagné de nombreuses médailles mais au fil du temps c’était blessures sur blessures qui ont finit par la dégoûter du ski.

C’est le freeride qui a sauvé ces deux femmes. Ce sport dont on dit qu’il n’est accessible qu’aux hommes elles ont réussies à s’imposer et Eva a gagné les mondiaux. Leur rêve ultime était de skier l’Eiger et elles l’on fait.

Ce film m’a particulièrement touché car le message qu’elles font passer est fort et beau. Elles montrent que tout rêve est réalisable si on se bat. Le dépassement de soi, vaincre ses doutes, surmonter ses blessures et y croire jusqu’au bout.

3ème film – Zabardast de Jerome Tanon (50 minutes)

Film tourné en mode carnet de voyage intimiste, c’est une expédition de 5 semaines au Pakistan à plus de 5000 mètres d’altitude en auto-suffisance. Une aventure hors du commun avec Léo Taillefer, Thomas Delfino (organisateur du projet), Zak Mills, Hélias Millerioux, Yannick Graziani et Jérôme Tanon (le réalisateur). Ce fou projet entre l’himayalisme et le freeride au fin fond du massif de Karakoram fut de rider une montagne qui n’a jamais été ridé !

Film crée en partenariat avec Almo Film et Picture Organic Clothing qui a financé tout le projet et qui c’est investi depuis le début.

Affiche officielle du film Zabardast

Affiche officielle du film Zabardast

4ème film – Path to Everest de Kilian Jornet (80 minutes)

Coureur légendaire face à la plus haute montagne de la planète. Film sous forme de documentaire sur la vie de Kilian et de son parcours atypique en montagne. Une aventure parsemée de hauts et de bas, de tristesse, de joie mais principalement de passion. On y retrouve des témoignages poignants de la part de sa mère, sa compagne, ses amis mais aussi des légendes de l’alpinisme.

« Tout est faisable, rien n’est impossible »

Un documentaire à l’image de l’impressionnante personne qu’il est ; il ne recule devant rien. L’Everest est de loin son plus grand rêve/projet. Ce film boucle le projet « Summits of my life » commencé 5 ans plus tôt.

Ces quatre films sont aussi impressionnants les un des autres car ils sont prenants et ont une très belle histoire avec des messages forts. Comme beaucoup de monde j’ai tout de même une petite préférence pour un film en particulier. Gros coup de cœur pour Zabardast où l’on se prend une claque visuelle. Ayant une préférence pour ce film j’ai donc contacté le réalisateur afin de vous donner en exclusivité une petite interview !

INTERVIEW AVEC JÉRÔME TANON, RÉALISATEUR DE ZABARDAST

Jérôme Tanon

Jérôme Tanon

  1. Comment t’es tu retrouvé embarqué dans ce projet

C’est Thomas qui est à l’initiative de ce projet, le connaissant depuis un moment j’ai de suite accepté quand il m’a proposé cette expédition. A la base j’étais engagé comme photographe (qui est mon métier), puis comme personne ne voulait réaliser le film, j’ai été engagé comme réalisateur.

  1. Combien de temps a-t’il fallu pour mettre en place ce projet ?

Environ 8 mois car on c’est préparé au maximum. On a donc bossé sur la logistique, le financement, le matériel à prendre et on a également effectué des tests. Le plus compliqué étant le matériel car on ne savait pas à l’avance quelles serait les conditions météorologiques. On a emporté des panneaux solaires pour recharger les batteries mais vous vous doutez bien qu’on ne pouvait pas toute les recharger. Ça a été assez compliqué à gérer.

« Chaque détail peut être vital »

  1. Comment vous vous êtes préparé physiquement ?

On n’a pas réellement eu de gros entraînements. Les alpinistes sont habitués, les cameramans faisaient du footing et des randos ; quand à moi je sortais à peine de rééducation du coup je ne pouvais pas forcer. J’ai fait du footing et quelques randos mais rien de plus.

  1. Dans quel état d’esprit étais-tu avant d’entreprendre cette expédition ?

Excité mais également anxieux car on ne savait pas à quoi s’attendre au niveau du pays, des locaux, de l’armée et des conditions météorologiques. Malgré nos recherches sur internet on n’avait pas assez d’information pour se faire une idée. Le plus embêtant étant la météo car nous n’avions pas de marche de manœuvre.

«  J’avais l’impression de partir au front »

 

  1. Quel a été le plus gros coup dur/déception du voyage ?

On a eu beaucoup de chance, on n’a pas vraiment eu de gros coup dur mais je dirais plutôt pas mal de stress. Sur la dernière ligne Zak a glissé et on a vraiment eu peur qu’il fasse un roulé boulé jusqu’en bas et a cette hauteur il aurait pu se tuer.

Pareil pour moi j’ai été malade au début du voyage et l’altitude n’arrangeait rien, j’aurais pu faire un œdème mais comme je le disais plus haut on a eu beaucoup de chance !

Concernant Thomas, il est vrai qu’il n’a pas ridé et qu’il était un peu déçu mais il ne le regrette pas ! Les conditions étaient assez dangereuses et c’est le seul à avoir eu assez de lucidité pour ne pas le faire malgré que se soit son rêve. C’est quelque chose dont il en est fier.

  1. Quel a été ton sentiment après avoir réalisé ce voyage de fou ?

Heureux mais aussi nostalgique car on arrivait à la fin de notre voyage. On était seul au monde face à la montagne et un lieu qui n’a jamais été ridé auparavant ; c’était un territoire de liberté.

  1. Quel a été ton moment le plus fort du voyage ?

Sans hésitation c’est quand on a passé le col de Skam, c’était vraiment un cran au dessus de ce que l’on avait fait jusqu’à maintenant ! Ce passage de 2/3 jours était épuisant, raide mais c’était également grisant. Ce fut également un moment de solitude car quand on est arrivé de l’autre coté du col on avait des vallées désertes à perte de vue… Des paysages tout simplement magnifiques.

  1. Que penses-tu du Pakistan ?

J’ai adoré ! On y trouve un gros contraste entre les villes en voies de développement et la campagne ; Chaque vallée à sa propre culture et langage.  Les gens sont adorables, des paysages sublimes et une bouffe super bonne (mélange entre l’Inde et l’Afghanistan). Au niveau de la langue, les plus cultivés parlent anglais sinon on va dire que la langue officielle est l’Ourdou (mélange d’Hindi et de Perse) même si cela varie selon les villes. Due a sa mauvaise image le tourisme est très peu développé ce qui est dommage car c’est un très beau pays où l’on trouve une liberté totale pour les road trips.

  1. Au travers de cette expédition quelle leçon/message retiens-tu ?

L’amitié ! On ne se connaissait pas vraiment quand on est parti mais cette expédition a tellement été intense, on dépendait vraiment des uns des autres qu’une réelle amitié c’est forgé. La rencontre avec les locaux a été également forte en émotion.

« C’est devenue une aventure humaine plus qu’une aventure sportive »

  1. Comment c’est déroulé le retour ?

C’était violent ! Après plusieurs semaines seuls au monde dans des endroits les plus reculés du monde le retour à la civilisation et réseaux sociaux a été très dur. D’autant plus pour moi car j’ai passé des mois devant mon écran à monter le film.

  1. En parlant de montage, combien de temps la production du film t’a-t’il prit ?

Environ 4 mois : 1 mois de post production image et 3 mois de post production vidéo.  J’aurais aimé avoir eu plus de temps pour faire ce film mais ma deadline était fin septembre afin de le présenter pour ce festival. Au début j’étais déçu du résultat car j’aurais aimé plus approfondir, qu’il soit plus long et avoir eu plus de contrôle sur la musique. Il y a toujours de quoi faire pour améliorer un film ! Mais j’avais une deadline à respecter. Mais au fil des projections et la réaction du public j’ai commencé a accepté ce film tel qu’il était.

  1. Aimerais-tu repartir sur une telle expédition ?

Oui bien sur j’ai adoré ! Mais je ne sais pas si je retrouverais les mêmes conditions… On a eu tellement de chance (une super équipe, du beau temps…).

  1. What’s Next ?

J’ai plusieurs projets photos auxquels me consacrer cet hiver et j’aimerais prendre des vacances l’été prochain.

C’était Jérôme Tanon, réalisateur du film Zabardast, qui je remercie d’avoir répondu à cet interview.

NB : Ces photos appartiennent à Jérôme Tanon.

J’espère que je vous aurez donné une idée du type qu’est ce festival et surtout vous avoir motivé pour y aller. Les amoureux du grand air, de la montagne et des sports extrêmes c’est fait pour vous !

RDV l’année prochaine pour une autre édition !

ENJOY !

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